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Editorial
n°164 - avril 2004
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Handicap français
Au printemps 2001, le Journal du sida et de la Démocratie
sanitaire réalisait un premier état des
lieux sur la question du VIH/sida en milieu de travail
(1). Avec la généralisation des trithérapies,
qui permettaient à la plupart des personnes touchées
par le virus d’envisager de retrouver une vie
quasi « normale », l’une des préoccupations
principales devenait celle de leur réinsertion
professionnelle ou, pour les plus jeunes, de leur accès
à un premier emploi. Des chercheurs, des responsables
associatifs, des professionnels dans l’entreprise
et des individus apportaient leurs témoignages.
Entre la « volonté » de
conserver le secret pour ne pas se voir stigmatisé,
le manque de reconnaissance de la fatigabilité
provoquée par la maladie, ou encore les complexités
administratives liées à l’obtention
d’un temps partiel thérapeutique ou d’une
invalidité, le parcours de (ré)insertion
se révélait souvent difficile.
Aujourd’hui, le sida est couramment admis dans
notre pays comme une pathologie « chronique »,
au même titre que certains cancers, la sclérose
en plaques ou encore le diabète. Aussi, la question
de l’insertion professionnelle ou du maintien
dans l’emploi des personnes séropositives
se voit-elle logiquement traitée dans le cadre
global des lois et dispositifs en faveur des personnes
handicapées. Or, par rapport aux personnes valides,
celles-ci sont encore nettement pénalisées
vis-à-vis de l’emploi. Les statistiques
de l’emploi (44 % des personnes handicapées
accèdent à un emploi contre 65 % des personnes
valides) (2), mais aussi les sondages d’opinion
auprès du public concerné et dans le monde
du travail le confirment. Mais il est aussi assez significatif
que des personnes atteintes du VIH/sida ou d’une
maladie chronique invalidante préfèrent
déclarer, aux structures d’insertion qui
les accueillent, un « handicap physique »,
probablement moins discriminant à leurs yeux.
Par ailleurs, rappelle l’association Envol Insertion,
nombre de ces personnes, et de plus en plus jeunes,
se trouvent en situation de grande précarité
et d’isolement. Dans son projet de loi pour «
l’égalité des droits et des chances
des personnes handicapées », la France
réaffirme le principe général de
non-discrimination inscrit dans la directive européenne
du 27 novembre 2000. Si elle veut le respecter, il lui
faudra encore poursuivre ses efforts.
(1) Journal du sida et de la Démocratie
sanitaire, n°136-137, juin-juillet 2001.
(2) Soit la part des personnes
en emploi dans la population totale. Enquête emploi
de l’Insee en mars 2002
(Direction de l’animation de la recherche des
études et des statistiques, octobre 2003, n°41.3).
Le JDs
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