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Editorial
n°165 - mai 2004
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Prévenir le sida... pas la sexualité
Devant son corps qui change et les nouvelles sensations
qui l’assaillent, l’adolescent cherche ses
marques. Il pose, non sans douleur et sans passion,
les premières pierres de son équilibre
d’adulte, dont la sexualité constitue l’une
— et non la moindre — des dimensions. Avec
l’explosion du sida, il est apparu urgent d’apprendre
aux jeunes à se protéger avant qu’ils
ne commencent leur vie sexuelle : il fallait saisir
l’opportunité de s’adresser à
un public captif. Quelques années plus tard —
au milieu des années 90 —, plus un adolescent
ne pouvait prétendre ignorer l’existence
des préservatifs, mais on s’est rendu compte
que cela ne garantissait pas qu’il les utilise
: lorsqu’un message est trop violent ou menaçant,
il est fréquent qu’il devienne inaudible.
Il est alors devenu évident que le sida devait
être présenté aux adolescents dans
le cadre d’une problématique plus large
– celle du désir et du rapport à
l’autre. Ce qui revenait à donner un sens
à la sexualité avant d’évoquer
ce qui la menace. Une pédagogie inventive et
parfois remarquable (cf. le Cybercrips ou le théâtre
forum p. 12 et 14) s’est alors développée
dans ce sens. En 2001, le ministère de l’Education
nationale est allé plus loin encore, en reconnaissant
dans la sexualité une « composante essentielle
de la construction de la personne et de l’éducation
du citoyen », dont il conviendrait d’accompagner
le développement dès l’école
primaire. Cette avancée spectaculaire doit être
soulignée, après trois siècles
de répression de la sexualité infantile
et des pulsions adolescentes ! Toutefois, aujourd’hui
encore, l’éducation à la sexualité
(et en son sein la prévention sida) souffre d’un
terrible manque de moyens humains et financiers. Un
thème aussi délicat — qui exige
de créer les conditions d’une mise en confiance
et d’une incorporation progressive — ne
pourra trouver son public et porter ses fruits que s’il
est véritablement pris au sérieux. Beaucoup
de chefs d’établissements et de décideurs
financiers se sont déjà mobilisés
pour y apporter leur soutien et leur énergie
: qu’attendent les autres ?
Le JDs
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