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Editorial
n°168 - septembre 2004
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La dimension créatrice
La notion de réseau, dans le domaine de la
santé, n’est pas nouvelle. Cependant, au
milieu des années 1980, les premiers réseaux
de soins palliatifs et d’accès aux droits,
mais aussi et surtout les premiers réseaux VIH,
sous la pression des malades, ont apporté des
solutions nouvelles face au cloisonnement du système
de santé et à la nécessité
d’une prise en charge globale du patient, à
la fois sanitaire et psychosociale. Leurs initiateurs,
des libéraux ou des hospitaliers engagés
bénévolement, ont donné beaucoup
d’eux-mêmes pour remettre le patient au
centre du système de soins et inventer des manières
de travailler transversalement et sur un pied d’égalité
avec des acteurs de santé de tous horizons (ville
ou hôpital, secteur public ou privé, médical
ou paramédical) et des acteurs sociaux.
En dépit de ce caractère pluridisciplinaire
et pluriprofessionnel extrêmement novateur, le
réseau a été progressivement reconnu
et encouragé officiellement. La loi du 4 mars
2002 en a donné une définition unique
sous le nom de réseau de santé. Des fonds
ont été accordés pour financer
un certain nombre d’activités (coordination,
formation, évaluation) et des réseaux
institutionnels ont vu le jour aux côtés
des réseaux nés sur le terrain. Il existe
donc une réelle volonté politique de développer
les réseaux de santé, en particulier parce
qu’ils facilitent l’articulation avec l’hôpital
et aboutissent à une réelle amélioration
de la qualité des soins qui pourrait aussi permettre
d’envisager, à terme, une réduction
des coûts. Lors du congrès « Hôpital-expo
» à Paris, du 25 au 28 mai derniers, Philippe
Douste-Blazy a exprimé son souhait de voir la
création d’un millier de réseaux
de santé d’ici 2007. Toutefois, il ne faudrait
pas que l’on assiste à une multiplication
des réseaux pour combler un manque de couverture
géographique ou de telle ou telle pathologie
(asthme, cancer, cardiologie, etc.), au risque de reproduire
la sectorisation hospitalo-universitaire qui n’a
pas beaucoup fait progresser la prise en charge globale
du malade. Initialement monothématiques, les
réseaux les plus anciens ont évolué
précisément vers une meilleure prise en
compte des pathologies lourdes ou chroniques d’une
population : les réseaux VIH sont pour la plupart,
aujourd’hui, des réseaux qui prennent aussi
en compte le VHC, les toxicomanies, la précarité,
l’accès aux droits. Les financements qu’ils
ont reçus les ont aidés à sortir
du système D pour donner une plus grande ampleur
à la coordination de leurs activités.
C’est de cela dont ils ont encore besoin. Mais
la qualité des soins et, à terme, la réduction
des coûts, ne seront effectifs que si l’on
continue de prêter attention à la dimension
créatrice (l’invention en commun de nouveaux
modes d’organisation) et transversale (du point
de vue des patients et des professionnels) de ces réseaux.
Le JDs
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