Existe-t-il un point commun entre le président d’une grande organisation internationale de lutte contre le sida, le porte-parole d’une association de prostituées cambodgiennes, le directeur d’une association qui défend les personnes homosexuelles et transgenres au Népal, un clinicien français et le président d’une association activiste parisienne ? La réponse est complexe. Tous sont engagés dans le même combat. Mais chacun est porteur d’un projet particulier qui reflète une expérience et une conception du monde singulières. Autant de points de vue que d’individus. Rassemblez-les en un même lieu lors d’un grand événement international. Vous obtiendrez un creuset unique d’idées, de réflexions et de projets : la XV e Conférence internationale sur le sida, qui s’est déroulée à Bangkok en Thaïlande du 11 au 16 juillet derniers. Une conférence où, au fil des ans, les questions scientifiques laissent peu à peu la place aux problématiques politiques. Avec comme point de convergence de toutes les interventions : l’accès aux traitements des populations précarisées. Nous avons tenu à revenir sur cet événement dans nos pages, moins pour en faire un énième compte rendu, que pour tenter de refléter la profusion et la diversité des points de vue qui s’y sont exprimés. Ces expériences, ces opinions différentes, parfois opposées, font vivre la lutte contre le VIH/sida et donnent naissance à des projets qui cherchent à répondre aux problèmes multiples engendrés par l’épidémie. La Fondation Clinton tente, avec quelque succès, de négocier des prix de gros pour les antirétroviraux auprès des grands laboratoires pharmaceutiques, afin d’en faire bénéficier les pays les plus pauvres et les plus demandeurs. Au Maroc, l’association Oum el Banine prend en charge les jeunes mères célibataires, souvent rejetées au ban de la société, et lutte contre leur précarisation, facteur de propagation du VIH. La Contremarque, petite association française créée en 1993, utilise l’art-thérapie pour redonner confiance aux personnes touchées par la maladie. Des structures comme l’Etablissement français du sang se battent pour assurer une meilleure sécurité transfusionnelle dans le monde, plus nécessaire que jamais pour éviter la propagation du virus…
La multitude humaine au service d’une même cause, une lutte commune pour ne pas se laisser submerger par un fléau dont les effets vont bien au-delà de la maladie et dévoilent souvent – aussi – la part sombre de l’humain : la cupidité, l’exclusion, l’indifférence…
Pendant ce temps en Irak, des hommes et des femmes tentent d’accéder à l’hygiène de base, unique condition pour être désinfecté, opéré, soigné. La lutte contre le VIH est bien lointaine pour eux, confrontés à la résurgence de maladies qu’on croyait éradiquées comme le choléra ou la rougeole. La guerre, cet autre fléau.
Le JDs