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La prévention
des risques de contamination en milieu de soins
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Le sang ou les liquides biologiques peuvent véhiculer des agents infectieux très divers (bactéries, virus, parasites et champignons). Parmi ces agents, le VIH, le VHB (virus de lhépatite B) et le VHC (virus de lhépatite C) présentent un risque particulier du fait de la gravité des infections engendrées. Lapplication des règles habituelles dhygiène et de sécurité permet dans une large mesure déviter les accidents exposant au sang ou aux liquides biologiques.
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Les risques professionnels
liés au VIH
Dans le monde, le premier cas de contamination accidentelle par
le VIH chez un professionnel de santé, a été rapporté
en 1984. Depuis cette date, jusquà fin 1997, 95 cas de séroconversion
prouvée après accident professionnel ont été
enregistrés. En France, fin juin 1998, 13 cas de séroconversion
prouvée chez des professionnels de santé avaient été
déclarés.
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Les contaminations
professionnelles
Bien que le VIH puisse être retrouvé dans divers liquides
biologiques, seuls le sang et les liquides biologiques contenant visiblement
du sang et provenant de patients dont la charge virale est élevée
ont été jusqualors impliqués dans la transmission
de ce virus en milieu de soins.
Il ny a possibilité de contamination par le VIH que lors
dun contact direct avec les liquides biologiques à travers
une effraction cutanée (piqûre, coupure, peau abîmée)
ou lors dun contact de ces liquides avec une muqueuse (il,
nez, bouche).
Les personnes en contact avec les liquides biologiques, et principalement
avec le sang, doivent donc se prémunir de ce risque de contamination
dans les situations de soins ou de manipulation de produits biologiques,
mais aussi lors des contacts avec des objets souillés.
"La
sévérité de lexposition
Le risque de transmission est
directement lié à la profondeur de la blessure et au type
daiguille ou de matériel en cause.
- Plus la blessure est profonde, plus le risque de contamination est élevé.
- Les piqûres par aiguille creuse souillée de sang, telles
les aiguilles de prélèvement veineux ou artériel,
sont les plus susceptibles dentraîner une contamination.
- Les piqûres avec des aiguilles sous-cutanées ou intramusculaires
ne contenant pas de sang et les piqûres à travers des gants
avec des aiguilles pleines, comme les aiguilles à suture, présentent
un moindre risque de contamination par le VIH.
- Les projections cutanéo-muqueuses présentent un risque
encore plus faible.
La nature du liquide biologique responsable
Seul le sang ou les liquides biologiques contenant
du sang ont été à lorigine de cas prouvés
de contamination professionnelle par le VIH.
À ce jour, si le VIH a également été retrouvé
dans le sperme, les sécrétions vaginales, le lait, les liquides
amniotique, péricardique, péritonéal, pleural, synovial
ou céphalo-rachidien, aucun cas de séroconversion, après
exposition à de tels liquides, na jamais été
rapporté. Dans la salive, les larmes, lurine, les selles,
les sécrétions nasales, la sueur, le virus est habituellement
indétectable ou en concentration trop faible pour entraîner
une contamination.
Le statut sérologique et clinique de la personne source
Il faut prendre en compte le statut sérologique de la personne
source (sérologies VIH, recherche de virémie VHB et VHC
en cas de sérologie positive aux VHB et VHC) et son statut clinique
(primo-infection ou stade évolué de linfection à
VIH augmentent le risque de contamination). Quand il est connu comme infecté
par le VIH, ses traitements antérieurs, son niveau immunitaire
et sa charge virale doivent être recherchés.
Si le statut sérologique de la personne source nest pas connu,
il est important de le rechercher, ce qui nécessite laccord
de la personne. Le médecin responsable du patient lui prescrit
rapidement une sérologie et une recherche de virémie pour
le VIH, le VHB et le VHC. En labsence de données biologiques
(recherche impossible, refus de la personne), ou en lattente des
résultats, on se basera sur la clinique et sur des arguments épidémiologiques.
"
Circulaire DGS/DH/DRT/DSS n° 98/228 du 9 avril 1998.
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Évaluation
des risques
Le risque de transmission après une exposition percutanée
à du sang contaminé par le VIH est estimé à
0,32 %. En dautres termes, sur 312 piqûres potentiellement
contaminantes, une seule entraînera effectivement une infection
par le VIH.
Ces risques très faibles peuvent devenir importants si lexposition
est massive ou si la charge virale de la personne source est élevée.
Ils demeurent néanmoins très inférieurs à
ceux présentés par dautres virus, notamment celui
de lhépatite C (entre 2 et 3 %) ou de lhépatite
B (autour de 30 %).
Les risques pour les patients
Le risque de transmission dune maladie
virale du soignant vers le malade lors de réalisation dactes
invasifs existe même sil est très faible. Un cas dun
dentiste en Floride ayant transmis le VIH à plusieurs de ses patient
et un cas de transmission à un patient par un chirurgien en France
ont été rapportés. En revanche plusieurs centaines
de cas de transmission du VHB à des patients ont été
rapportés dans le monde.
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Personnel non médical
Des professionnels nappartenant pas au milieu médical
ou paramédical peuvent aussi être exposés au VIH dans
le cadre de leur travail, par lintermédiaire de matériels
piquants ou tranchants souillés.
Les médecins du travail ont notifié deux cas de contamination
professionnelle prouvée chez des personnes ayant été
exposées accidentellement à des aiguilles usagées
au cours de leur activité professionnelle. Il sagit dun
conducteur de véhicule de collecte de déchets dactivités
de soins, qui sest piqué à lindex avec des aiguilles,
en manipulant un conteneur ouvert accidentellement, chez un malade en
hospitalisation à domicile ; le conducteur ne portait pas de gants
de protection. Lautre contamination concerne un éboueur qui
sest piqué avec une aiguille usagée en ramassant des
ordures ménagères.
Les personnes qui ne sont pas en contact
avec les liquides biologiques humains ne risquent pas dêtre
contaminées par le VIH. Elles doivent néanmoins appliquer
les règles dhygiène générale.
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Prévention
des accidents professionnels
Tout employeur est responsable de la sécurité du
personnel vis-à-vis du risque biologique. Il a obligation dévaluer
les risques dexposition biologique afin de prendre les mesures de
prévention et de protection nécessaires.
Dans les établissements de soins, le chef détablissement
en concertation avec le comité de lutte contre les infections nosocomiales
(Clin), le médecin du travail et le comité dhygiène,
de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit définir
une stratégie de prévention qui repose sur :
- la vaccination du personnel soignant ;
- le respect des précautions générales dhygiène
;
- lutilisation rationnelle dun matériel adapté
;
- la prévention de lexposition dans les blocs opératoires
;
- la mise en place dun dispositif de prise en charge des accidents
exposant au sang ;
- linterprétation des données de surveillance des
accidents exposant au sang ;
- linformation et la formation du personnel ;
- lévaluation des actions entreprises ;
(Circulaire DGS/DH n° 98/249 du 20 avril 1998).
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Linactivation
du VIH
Pour inactiver le VIH, les procédés habituels dhygiène
hospitalière restent valables (nettoyage, décontamination,
désinfection et stérilisation). En dehors de tout procédé
dinactivation, le VIH, bien que fragile, peut rester actif à
lair libre pendant plusieurs jours.
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Procédés
chimiques
Le VIH est sensible à différents produits chimiques
qui peuvent être utilisés pour désinfecter du matériel,
des surfaces ou une plaie cutanée.
Un des meilleurs produits chimiques dinactivation est le soluté
de Dakin ou leau de Javel (solution dhypochlorite de sodium),
fraîchement préparée à 1/10e (cest-à-dire
un volume deau de Javel à 12° chlorométriques
pour neuf volumes deau). Elle peut être utilisée sur
les surfaces et les sols. Il faut respecter la date de péremption
de leau de Javel concentrée pour en garantir les propriétés
désinfectantes.
Lalcool a 70° peut être utilisé pour désinfecter
la peau, des dérivés du formol (glutaraldéhyde par
exemple) pour le matériel et les surfaces, des dérivés
iodés pour la peau et les muqueuses.
La désinfection nest efficace que si elle est précédée
dun nettoyage. Il est nécessaire de bien respecter les règles
de dilution, ainsi que le temps de contact indiqué sur les notices.
Il ne faut pas mélanger ces produits entre eux. Pour de plus amples
informations, contacter lhygiéniste de lhôpital.
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Procédés
physiques
La chaleur constitue le seul moyen physique dinactivation
du VIH (par exemple 56° C pendant 30 minutes ou ébullition
pendant 15 minutes). Elle peut être utilisée pour la désinfection
du matériel, du linge et de la vaisselle.
Le froid, la congélation, les ultraviolets, les rayons X, les rayons
gamma ne sont pas efficaces.
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Stérilisation
du petit matériel médico-chirurgical
Les instruments de petite chirurgie et dexploration doivent
être décontaminés. Selon leur utilisation, ils présentent
des risques différents :
- haut risque : instruments qui pénètrent dans la peau ou
dans des parties stériles du corps ou qui sont en contact avec
des muqueuses ulcérées ;
- risque moyen : instruments en contact avec des muqueuses saines ;
- risque faible : instruments en contact avec une peau non lésée.
Les instruments chirurgicaux et les spéculums vaginaux doivent
être stérilisés par autoclave ou dans un four à
air chaud. Les otoscopes, anuscopes et miroirs laryngés seront
traités par la chaleur. Les thermomètres et tonomètres
(appareil de mesure de la tension oculaire) seront désinfectés
chimiquement.
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Précautions
générales dhygiène
Les précautions dhygiène sont à appliquer
pour tout patient quel que soit son statut sérologique. Elles doivent
être respectées par tout soignant lors dune situation
à risque, cest-à-dire lors dun acte présentant
un risque de contact ou de projection avec des produits biologiques, la
peau lésée ou une muqueuse.
Les précautions générales
dhygiène ou précautions standard ont été
actualisées dans la circulaire DGS/DH n° 98/249 du 20 avril
1998 relative à la prévention de la transmission dagents
infectieux véhiculés par le sang ou les liquides biologiques
lors des soins dans les établissements de santé.
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Lavage des mains
Se laver les mains avant et après chaque soin et immédiatement
après un contact avec du sang ou dautres liquides biologiques
est la mesure la plus importante pour lutter contre toute infection. Le
lavage se fait en utilisant de leau et du savon désinfectant.
On évite ainsi la dissémination de tout agent infectieux.
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Port de gants
Des gants doivent être portés dès quil
y a risque de contact avec du sang, ou tout autre produit dorigine
humaine, ainsi quavec les muqueuses ou la peau lésée
du patient. Le port des gants est indispensable à loccasion
de soins à risque de piqûre (hémoculture, pose et
dépose de voie veineuse, chambres implantables, prélèvements
sanguins
) et lors des manipulations de tubes de prélèvement
biologiques, de linge ou de matériel souillés.
De même, lorsque les mains du soignant comportent des lésions,
des gants doivent être portés lors des soins.
Les gants doivent toujours être changés entre deux patients
ou deux activités. Le port de gants ne dispense pas du lavage des
mains. Il est inutile pour les simples contacts avec la peau saine (examen
du malade, mobilisation, poignée de main).
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Port de surblouse, lunettes et masque
Une surblouse, un masque et des lunettes doivent être portés
en cas de risque de projection ou daérosolisation de sang
ou de tout autre produit dorigine humaine (aspiration, endoscopie,
actes opératoires, autopsie, manipulation de matériel et
de linge souillés).
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Matériel
piquant ou tranchant
Pour le matériel piquant à usage unique , il convient
de :
- ne pas recapuchonner les aiguilles ;
- ne pas les désadapter à la main ;
- déposer ce matériel dans un conteneur adapté immédiatement
après usage et sans manipulation. Le conteneur doit être
situé au plus près du soin et son niveau maximal de remplissage
vérifié.
Le matériel réutilisable doit être manipulé
avec précautions sil est souillé par le sang ou tout
autre produit dorigine humaine. Avant toute réutilisation,
il faut vérifier quil a subi la procédure dentretien
appropriée (stérilisation ou désinfection).
Il nexiste pas encore de normes spécifiques pour les dispositifs
médicaux dits de sécurité cependant ils doivent être
considérés comme un moyen de prévention complémentaire.
Ces dispositifs doivent être compatibles avec le matériel
déjà existant. Leur emploi correct dans les services de
soins doit être évalué régulièrement.
Les conteneurs pour objets coupants, tranchants constituent un moyen démontré
et indispensable de prévention des accidents dexposition
au sang.
Transmissions
entre patients par lintermédiaire du matériel souillé
Dans le monde, plusieurs exemples
de contaminations de patient à patient par le VIH, le VHB et le
VHC ont été rapportés. Ils résultent le plus
souvent dune gestion inadaptée du matériel ou des
soins, ou du non respect des précautions dhygiène.
Lorsquun risque de contamination des patients a été
identifié, létablissement doit en informer les patients
concernés et leur proposer, le cas échéant, toute
mesure de dépistage de nature à améliorer la prise
en charge thérapeutique dune éventuelle infection.
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Surfaces souillées
Les surfaces souillées par des projections ou des aérosolisations
de sang ou de tout autre produit dorigine humaine doivent être
nettoyées puis désinfectées avec de leau de
Javel à 12° chl fraîchement diluée à 1/10e
(ou tout autre désinfectant approprié).
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Transport de produits ou dobjets
souillés
Les prélèvements biologiques, le linge et les instruments
souillés par le sang ou par tout autre produit dorigine humaine
doivent être évacués du service dans un emballage
fermé étanche.
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Manipulation des
produits biologiques
Tout produit biologique doit être considéré
comme potentiellement contaminé. Outre les précautions habituelles
à prendre (lunettes, gants, etc.), les personnes travaillant en
laboratoire doivent toujours appliquer les règles suivantes :
- ne jamais utiliser les pipettes en aspirant avec la bouche ;
- ne pas ouvrir les centrifugeuses avant leur arrêt complet afin
déviter toute dispersion et inhalation de substances ;
- travailler sous une hotte à pression négative lorsque
des risques de projections existent (broyage de tissus organiques) ;
- demander lacheminement des examens dans un double emballage (la
feuille de demande ne doit pas être en contact avec le tube) ;
- inactiver systématiquement les déchets de laboratoire
par chauffage, avant leur évacuation.
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Particularités
de certains soins
Certains soins peuvent exposer le personnel soignant à du sang
ou à des liquides biologiques contaminés. Lorsque des mesures
de précaution sont prises, il est important dexpliquer aux
patients la raison et la nature de ces mesures.
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Soins de bien-être
et de confort
En respectant les règles dhygiène générale,
il ny a aucun risque pour le coiffeur, le pédicure, lesthéticienne,
la manucure assurant un soin à un malade, ni pour le malade lui-même
ni pour les autres clients.
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Soins au bloc opératoire
Du fait de la spécificité du travail et de lorganisation
au bloc opératoire des mesures complémentaires doivent être
envisagées en concertation avec les chirurgiens. Il est recommandé
de mettre en place un cahier de relevé des accidents exposant au
sang afin den connaître le nombre et les circonstances.
Le port dune tenue chirurgicale adaptée est indispensable,
avec, notamment pour les opérateurs principaux, le port dune
double paire de gants. Les gants doivent être changés systématiquement
après effraction ; les gants externes périodiquement au
cours de lintervention. Une protection large du visage (masque avec
visière) et le port de casaque ayant des propriétés
barrières (non tissé, microfibres
) sont recommandés.
Certaines techniques opératoires doivent être appliquées
pour favoriser la coordination des équipes (éviter par exemple
que deux opérateurs ne suturent au même moment le même
site) et limiter le contact direct de la main controlatérale de
lopérateur avec le site opératoire ou des instruments
vulnérants (par exemple, utiliser des pinces pour saisir le tissu
à suturer et laiguille lors de son retrait de la plaie).
Chaque fois que cela est possible, les techniques permettant de diminuer
les risques daccident dexposition au sang sont à employer
: agrafeuses à sutures aponévrotiques et cutanées,
sutures automatiques par pince, aiguilles courbes à bout mousse.
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Soins en obstétrique
Pour les sages-femmes et les obstétriciens, il existe un
risque de contamination dû à la fréquence du contact
avec le sang et les liquides biologiques. Le travail à mains nues
est proscrit. Le port de gants, dun tablier, dune paire de
lunettes et dune bavette est fortement conseillé en salle
de travail. Le passage dune salle de travail à une autre
doit être fait dans le respect le plus strict des règles
dhygiène et dasepsie.
Pour lexamen du placenta, la sage-femme évitera les éclaboussures
et les projections de sang. La même tenue vestimentaire quen
salle de travail est recommandée. Le placenta contaminé
sera détruit comme les autres déchets ou organes contaminés.
En suites de couches, les règles dhygiène habituelles
sont à respecter par le personnel soignant.
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Soins de kinésithérapie
Aucun geste de la pratique quotidienne nexpose directement
le masseur-kinésithérapeute. Les précautions habituelles
suffisent.
Le port de gants est recommandé en postopératoire précoce,
dès quun contact avec le sang est possible ou si le patient
présente des lésions exsudatives ainsi que lors de manuvres
mettant lopérateur en contact direct avec les muqueuses.
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Soins dentaires
En cabinet dentaire, les précautions à prendre sont
simples. Les règles dhygiène consistent en une désinfection
et une stérilisation systématiques des instruments.
Pour le chirurgien-dentiste et lassistant dentaire, il existe un
risque minime de contamination en cas de contact entre le sang du patient
et des lésions cutanées du chirurgien-dentiste ou de lassistant
dentaire, ou en cas de piqûre accidentelle avec une seringue préalablement
utilisée pour un patient atteint par le VIH. Le port de gants et
de lunettes permet déviter le contact avec des substances
contaminées.
Pour les patients, les risques sont minimes. Une contamination ne pourrait
avoir lieu que par la mise en contact dun patient avec un instrument
non stérilisé, souillé avec du sang dun patient
porteur du virus ou par la réutilisation de cartouches danesthésique,
y compris si laiguille a été changée.
Pour les patients atteints par le VIH, la plupart des soins peuvent être
effectués : extractions, prothèses, endodontie, détartrages
et autres soins parodontaux courants. Les implants, la chirurgie parodontale
et les comblements osseux avec matériaux exogènes, à
lorigine de nombreux foyers infectieux, sont, en revanche, fortement
déconseillés.
Les soins et les traitements des patients asymptomatiques ne présentent
aucune différence avec les soins habituels. Néanmoins, au
cours de linfection par le VIH, la formule sanguine peut se trouver
modifiée (chute du nombre de plaquettes notamment) : le chirurgien-dentiste
doit alors tenir compte déventuels risques hémorragiques
et infectieux. Pour les cas graves, la prise en charge doit se décider
en accord avec le médecin traitant.
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Soins mortuaires
La personne décédée doit être transférée
vers la morgue, enveloppée dun drap damphithéâtre
imperméable.
Toute personne qui participe ou assiste à une autopsie ou à
une manipulation mortuaire doit porter gants, masque, lunettes protectrices,
blouse et tablier imperméable. Il est important denseigner
les règles dhygiène et de protection individuelle
au personnel amené à manipuler les corps de patients décédés,
que ceux-ci soient contaminés ou non par le VIH, et de mettre à
leur disposition les moyens de les appliquer.
Le décès du malade ne délie en aucun cas de lobligation
du secret.
Personnes décédées
du sida
Larrêté
du 20 juillet 1998 rappelle quil ne peut être délivré
dautorisation de pratiquer des soins de conservation sur le corps
des personnes décédées de certaines infections dont
les hépatites virales et linfection par VIH.
Ces dispositions ne font pas obstacle à la pratique dautopsies
à visée scientifique, qui devront respecter les précautions
universelles qui simposent, afin déviter toute contamination
du personnel ou de lenvironnement.
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Nettoyage et entretien
Les règles dhygiène habituelles en usage dans les
établissements de soins sont suffisantes pour les personnes qui
ne sont pas en contact direct avec des liquides biologiques.
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Vaisselle
Aucune protection spécifique nest nécessaire
au moment des repas. Les malades nont pas besoin de vaisselle à
usage unique. La vaisselle doit simplement être lavée soit
à chaud, soit avec de leau de Javel, comme pour tout le monde.
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Literie
Il est conseillé de protéger les matelas et les oreillers
avec des housses en plastique qui seront nettoyées régulièrement
à leau savonneuse et désinfectées.
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Blanchisserie
En milieu de soins, tout le linge souillé doit être
décontaminé demblée, sans tri préalable,
et placé dans un double sac hermétiquement clos. Le premier
sac est placé tête en bas dans le fond du deuxième
sac. Il doit être facilement identifiable par la blanchisserie de
lhôpital comme linge souillé.
En règle générale, il est lavé séparément
pendant trente minutes dans leau savonneuse à 70° C javellisée.
Les personnes ayant à manipuler du linge souillé doivent
porter des gants et une surblouse.
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Entretien (locaux,
mobilier)
Le port dun tablier en plastique et dune paire de gants
jetables est conseillé.
Pour le nettoyage quotidien des surfaces, il existe deux procédés
simples et efficaces : lemploi dun détergent, suivi
dun rinçage et dune javellisation ou lutilisation
dun détergent mélangé avec un désinfectant
(aldéhyde). Le nettoyage est une étape importante car elle
permet au désinfectant dêtre pleinement actif. Si les
surfaces sont très souillées, il suffit daugmenter
la concentration du désinfectant.
Leau de Javel est un produit corrosif pour certains métaux.
Il est donc conseillé dutiliser, pour nettoyer du mobilier
métallique, une solution à base daldéhyde.
Demander conseil auprès de linfirmier hygiéniste.
Quant aux toilettes, il est inutile de les désinfecter après
chaque usage. Une fois par jour suffit, à leau de Javel concentrée.
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Désinfection
finale
La désinfection finale par voie aérienne est inutile
en ce qui concerne le VIH.
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Maintenance technique
Les techniciens qui sont amenés à travailler ou à
réparer du matériel dans la chambre dun malade atteint
du sida ne courent aucun risque de contamination. Ils seront attentifs,
en coordination avec le personnel soignant, à ne pas menacer la
santé des patients.
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Accidents professionnels
comportant un risque de contamination
La circulaire DGS/DH/DRT/DSS n° 98/228 du 9 avril 1998 relative aux
recommandations de mise en uvre dun traitement antirétroviral
après exposition au risque de transmission du VIH, décrit
la conduite à tenir en cas daccident professionnel avec exposition
au sang ou à un autre liquide biologique, comportant un risque
de contamination par le VIH, le VHB ou le VHC.
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Maintenance technique
Les techniciens qui sont amenés à travailler ou à
réparer du matériel dans la chambre dun malade atteint
du sida ne courent aucun risque de contamination. Ils seront attentifs,
en coordination avec le personnel soignant, à ne pas menacer la
santé des patients.
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Premiers soins
En cas de piqûre ou de blessure cutanée, nettoyer
immédiatement la plaie à leau courante et au savon,
rincer, puis appliquer un antiseptique en assurant un temps de contact
dau moins cinq minutes (soluté de Dakin ou, éventuellement,
eau de Javel à 12° chl diluée à 1/10e ou, à
défaut, alcool à 70° ou polyvidone iodée en solution
dermique).
En cas de projection sur les muqueuses, notamment dans les yeux, rincer
abondamment pendant au moins cinq minutes, de préférence
au sérum physiologique ou sinon à leau. Ensuite appliquer
un collyre antiseptique.
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Évaluation
du risque infectieux
Lévaluation du risque infectieux doit être faite
immédiatement après laccident, par un des médecins
référents spécialistes en matière daccidents
dexposition au sang, ou, à défaut, par un médecin
des urgences, qui sinformera, dans la mesure du possible, du statut
infectieux de la personne source (VIH, hépatite
).
VIH Info Soignants
Pour répondre aux soignants confrontés au VIH et aux accidents
dexposition au sang
7 jours sur 7 de 9 h à 23 h
0 801 630 630 (n ° azur)
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Traitement antirétroviral
après exposition
Un traitement antirétroviral après exposition, à
visée prophylactique, peut être proposé lorsque la
personne source est atteinte dinfection par le VIH ou appartient
à un groupe particulièrement exposé. Le traitement
est destiné à tenter dempêcher une éventuelle
infection par le VIH. Cette possibilité de traitement doit être
discutée dans les heures qui suivent laccident avec le médecin
référent ou, à défaut, avec le médecin
des urgences ou le médecin du travail. La décision de traiter
ou non est prise au cas par cas, en fonction de lévaluation
du risque.
Quand un traitement est indiqué, il est conseillé de le
commencer le plus tôt possible dans les 48 heures qui suivent laccident.
La durée du traitement est de quatre semaines. Le choix des molécules
dépend notamment de la gravité de laccident et du
traitement reçu par le patient source.
Le soignant exposé doit être informé des incertitudes
quant à lefficacité du traitement ainsi que des effets
secondaires. Il lui appartient daccepter ou de refuser ce traitement.
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Déclaration
de laccident
Laccident doit être déclaré à
lemployeur dans les vingt-quatre heures comme accident du travail
(établissements privés) et dans les quarante-huit heures
comme accident de service (établissements publics), selon les modalités
en vigueur dans létablissement (notification au registre
dinfirmerie ou déclaration officielle daccident du
travail).
Cette déclaration doit être établie de manière
à protéger la confidentialité des données
concernant lidentité du patient à lorigine de
léventuelle contamination.
Cette déclaration doit être systématique et concerne
lensemble du personnel à chaque fois quun accident
exposant à un contact avec du sang ou des produits biologiques
se produit. Elle doit être précise, afin de préserver
les droits ultérieurs de la personne. Laccident est, par
ailleurs, notifié au service de médecine du travail.
Pour les professionnels exerçant à titre libéral,
la couverture du risque professionnel peut être assurée par
la Sécurité sociale. Il faut pour cela quils contractent
une assurance volontaire accident du travail-maladie professionnelle auprès
de la Caisse primaire dassurance maladie de leur domicile.
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Surveillance médicale
Si le patient source est atteint par le VIH ou si lon ne
connaît pas son statut sérologique, le médecin du
travail proposera à la personne blessée une surveillance
sérologique et médicale. Un premier test de dépistage
doit être pratiqué dans les huit jours, avec le consentement
de la personne blessée. Si ce test est positif, cela signifie que
la contamination est antérieure à laccident. Sil
est négatif, un suivi clinique et sérologique régulier
est nécessaire jusquau sixième mois après laccident.
Si le patient source est porteur du virus de lhépatite B
et si la personne blessée nest pas vaccinée, une prévention
par injection de gammaglobulines spécifiques, si possible dans
les vingt-quatre heures, associée à une première
injection du vaccin antihépatitique B, est recommandée.
Les membres du personnel de santé doivent cependant être
vaccinés contre ce virus.
Si le patient source est porteur du virus de lhépatite C,
une surveillance sérologique et médicale de la personne
blessée simpose.
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Autres risques
La crainte dune contamination par le VIH ne doit pas faire oublier
aux soignants les autres risques professionnels auxquels ils sont exposés
lors des soins administrés aux patients atteints par le VIH.
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Risques liés
aux traitements
Certains traitements spécifiques doivent être administrés
avec précaution.
Les antimitotiques utilisés dans le traitement des tumeurs telles
que le lymphome ou les sarcomes de Kaposi doivent faire lobjet des
techniques habituelles de préparation, dadministration et
de protection en vigueur dans les services de cancérologie.
Les antiviraux administrés par voie intraveineuse doivent lêtre
suivant les mêmes précautions que les antinéoplasiques.
Les aérosols de pentamidine utilisés en prophylaxie ou en
traitement de la pneumocystose présentent peu de risques pour le
personnel soignant. Quelques cas dasthme et de conjonctivite ont
été signalés, probablement consécutifs à
une concentration trop importante daérosol dans le local.
Une bonne aération de ce dernier et une éducation du patient
à la technique dutilisation appropriée sont nécessaires
pour limiter la diffusion de laérosol dans lair ambiant.
Il est cependant recommandé de porter un masque de protection.
Les asthmatiques doivent éviter le maniement des aérosols
de pentamidine.
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Risques de transmission
dinfections
Le risque de transmission dinfections du patient au personnel
soignant existe dans certaines situations. Des cas de transmission de
la tuberculose (plus fréquente chez le patient immunodéprimé
que dans la population générale) ont déjà
été rapportés. En France, ce risque reste faible
du fait de la vaccination par le BCG. Toutefois, un suivi régulier
en médecine du travail, avec contrôle de lintradermo-réaction
à la tuberculine et radiographie pulmonaire, est nécessaire.
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